Autorité parentale et médiation familiale – Part 3

Autorité parentale ou Autorité du Juge :  le « Sauf meilleur accord des parties »

« Non, ce n’est pas possible ! Ce n’est pas moi qui décide, c’est le juge ! »

C’est encore trop souvent la réponse donnée à l’enfant qui réclame de voir son parent absent pour cause de séparation. Même quand, par pur hasard, le droit de visite un week-end sur deux envoie l’enfant chez son père le dimanche de la fête des mères, ou vice versa.

Et cette réponse est, en réalité, un mensonge.
Dans toute procédure qui concerne l’organisation pour les enfants après la séparation des parent, le jugement se termine par la phrase magique « Sauf meilleur accord des parties ».

En effet, le juge se substitue aux parents seulement si ceux-ci ne sont pas arrivés à proposer une organisation. Seulement si ces parents lui abandonnent leur autorité parentale.

L’autorité parentale est définie par la loi comme l’ensemble des droits et des devoirs ayant pour objectif l’intérêt de l’enfant. Et ainsi le protéger et veiller à sa sécurité, à sa moralité, à sa santé pour assurer son éducation, son apprentissage de la vie. Cette autorité, cette mission est, bien sûre, celle des parents.

Un enfant est voué à faire toute confiance à ses parents pour ainsi adhérer aux modèles qu’ils représentent, à leurs règles éducatives. Il reproduit, se calque sur l’exemple montré.
Le besoin d’amour inconditionnel qui le relie à ses parents favorise cette adhésion.

Dans le quotidien de l’éducation, quand l’autorité est interpellée, c’est essentiellement de l’obéissance dont il est question.
Ainsi, le refus de se comporter selon la demande du (ou des) parent ou la désobéissance à une règle établie par lui (eux) est vécue comme une remise en cause de son (leur) autorité.

Mais qu’en est-il pour la compréhension de l’enfant quand l’un de ses parents (ou les deux) explique que ce n’est plus lui (ou eux) qui décide ?
Quand des parents ne sont plus maître des éléments primordiaux de l’organisation de sa vie en général, mais aussi de sa vie affective ?

C’est un juge qui va décider et avant ou après, rien n’est possible !
En clair, les parents ont donc démissionné, ou ne sont plus jugés capables.

En conséquence, une fois le jugement rendu et la procédure terminée, chacun se retrouvera seul face à ses enfants et devra assumer les décisions prises par un juge inconnu, par un autre.
Dans ce contexte, comment demander ensuite à cet enfant de continuer à faire confiance et à respecter ce (ou ses) parent ?

C’est pourquoi il est primordial qu’au moment où la séparation parentale intervient de manière effective dans la vie de l’enfant, la nouvelle organisation qui va régir sa vie soit élaborée et proposée par ses deux parents, ou au moins proposé par l’un et accepter par l’autre.


Et peu importe le moyen d’y parvenir car bien souvent, dans le futur, cet enfant blessé rejettera toute notion d’autorité, quelle qu’elle soit. Vis-à-vis des professeurs mais aussi de toutes les représentations de l’Autorité dans la société. L’autorité, pour lui, ne sera jamais plus synonyme de sécurité mais au contraire suspectée de trahison.

Bien que difficile à cet instant de la vie familiale, l’accord parental est la seule manifestation possible de l’autorité parentale et surtout d’une autorité conjointe malgré la séparation.
Rien ne peut être plus rassurant pour un enfant. Et un enfant a besoin de sécurité pour se construire.