Divorce / Séparation – Le conflit de loyauté et la culpabilité pour l’enfant

Le conflit de loyauté est un des fléaux psychologiques pour les enfants dont les parents se séparent. Tout divorce, même exemplaire, risque de confronter l’enfant à ce conflit étroitement lié à la culpabilité.

Les enfants jusqu’à 12 ans, sont très vulnérables à ce processus qui n’est pas une conséquence de la fixation de la résidence chez l’un ou l’autre des parents.
Le conflit de loyauté est attaché à la souffrance ou à l’orgueil ressentis par le parent qui subit la séparation, celui qui ne l’a pas initiée ou ne la souhaite pas, que ce soit le parent résidant (qui a la résidence principale) ou pas.

L’enfant va se fondre dans l’émotionnel de son parent en souffrance, en abandon, victime. Il vivra de la culpabilité s’il s’autorise à aimer et à prendre du plaisir avec l’autre parent, celui qui est vécu comme responsable et fautif. Il a le sentiment de trahir le parent malheureux et victime. Pour fuir cette culpabilité, il peut devenir insupportable avec le parent tenu responsable ou inventer des prétextes pour ne plus aller en week-end ou en vacances avec ce parent.

Ce sentiment qui est instinctif chez l’enfant va disparaître ou perdurer selon l’état d’esprit et l’attitude du parent victime, s’il est en guerre avec l’autre ou en reconstruction personnelle.

Ce conflit est fréquent chez les enfants ayant au moment de la séparation entre 6 et 12 ans et dont les parents n’ont pas ou quasi pas de relations, ne communiquent pas ou plus.

Même si l’enfant voit régulièrement ses deux parents, l’absence de relations entre eux le confrontera à ce conflit.

Il arrive que ce conflit soit exacerbé quand le parent victime, le plus souvent la mère, n’arrive pas à admettre qu’un mauvais conjoint peut être un bon parent. Même si elle ressent un sentiment de trahison, c’est l’adulte, la femme qui est trahie et non les enfants.
La douleur, la colère et l’égo préfèrent conclure que l’autre est devenu mauvais. Un mauvais conjoint devient un parent nuisible, ce qui est clairement dit à l’enfant en mots ou dans les décisions, dans les actes.

L’enfant vit donc un calvaire au quotidien, si le conflit de loyauté se vit envers le parent absent victime. Ou à chaque droit de visite et pour les vacances, si la loyauté se vit envers le parent ayant la résidence principale.

Il vit le désarroi, la jalousie, la souffrance du parent quitté et victime. Il se doit donc d’être infernal ou indifférent envers le parent bourreau, qui ne sait plus comment gérer une telle situation.

De plus, lorsqu’un nouveau couple ou une famille recomposée surgit dans la vie du parent bourreau (situations aujourd’hui plutôt banales, fréquentes, et souhaitables) l’enfant peut vivre un double désarroi.
Il risque d’ajouter à ce conflit de loyauté, un sentiment de rejet ou d’abandon et/ou de jalousie envers le parent et la nouvelle famille.