Divorce / Séparation : L’autorité parentale

Il est très important de poser la question de l’autorité parentale conjointe, qui est de droit.
Le droit définit l’autorité parentale comme l’ensemble des droits et des devoirs ou obligations des parents. C’est leur responsabilité vis-à-vis de l’intérêt de l’enfant jusqu’à sa majorité.
Dans le cas idéal du couple parental, et pour la loi, deux responsabilités individuelles se conjuguent pour s’exercer conjointement, en partage.

Et pour l’enfant, que représente cette autorité ?
Dans sa construction et déjà très tôt, vers 2 ans à la période du non, l’enfant va commencer sa recherche d’autonomie, d’individualité et d’indépendance. Pour cela, il devra se confronter aux limites qui lui sont imposées par ses parents, pour sa sécurité, pour son bien.
L’autorité parentale est le filet de sécurité tissé pour le petit qui deviendra la ligne rouge à ne pas dépasser quand il sera plus grand.
Elle représente, quelque soit l’âge et la circonstance, la sécurité indispensable à la construction de la personnalité de l’enfant. C’est le rempart à l’angoisse de l’inconnu. Et pour l’enfant, c’est aussi la manifestation de l‘intérêt, du soin que le parent lui porte.
L’autorité peut être facteur de frein à cette évolution si elle est rigide, faite de dictats établis, de demandes de conformité, de besoin de reconnaissance ou de démonstration d’un pouvoir. Une telle autorité pourra engendrer soumission ou révolte, mais rarement une personnalité confiante.
Deux autorités contradictoires sont aussi très difficiles à vivre pour l’enfant qui sera alors mis en position d’enjeu, et toujours renvoyé à un conflit de loyauté. Et oui, encore lui.
L’autorité parentale qui s’adapte évolue en fonction de l’âge et de la personnalité de l’enfant.

Bien souvent, le partage de l’autorité ne surgit qu’avec la séparation des parents.
Avant, quel que soit le rôle de chacun dans l’éducation des enfants, l’autorité était l’apanage plutôt de l’un des deux. Ceci pour une raison de personnalité (père ou mère autoritaire, effacé(e) ou indifférent(e), de circonstance (père ou mère qui travaille trop ou loin), ou de fonctionnement acquis du couple. L’autorité représentée par l’un était devenue pour l’enfant l’autorité des deux.

Face à une séparation, cette fonction se complique et particulièrement pour celui qui ne voit ses enfants qu’en droit de visite.
Quelle expression horrible pour celui qui en bénéficie. Dans visite, il y a tellement la notion de l’éphémère, du ponctuel, du non-intime.
Dans la pratique de la fonction parentale, conserver ou acquérir de l’autorité pour le parent (les pères dans la majorité des cas) qui ne va plus vivre au quotidien avec son enfant est un challenge difficile.
Le temps n’est plus le même.
Comment gérer sa parentalité en ne l’exerçant que deux fois deux jours par mois et une moitié des vacances scolaires, souvent source de problématiques d’organisation ?
Comment arriver à gronder un enfant, à contribuer à son éducation quand on ne passe que quelques heures avec lui avant de le perdre de nouveau pendant 15 jours ?
Il faut apprendre à prioriser les échanges, les évènements ou les occupations à partager.

Cette situation est, pour beaucoup de pères, source d’une grande frustration.
Elle demande, pour qu’un vrai lien survive, une plus forte d’implication affective, plus de renoncements et de patience qu’une relation vécue au quotidien.
La qualité d’une relation peut être plus enrichissante qu’une relation au quotidien sans échanges ni partages.

Si, et surtout si, un père ne peut voir son enfant plus de 4 jours par mois, il est important qu’il participe aux décisions concernant l’éducation et la vie de cet enfant.
Et cela même s’il ne s’en occupait moins avant la séparation, et même si cela complique encore un peu plus la vie de la mère (faire passer les informations et le suivi scolaire, ne pas décider seule d’une autorisation exceptionnelle de l’enfant, etc.).
Les hommes sont souvent un peu lâches dans l’accomplissement de leur fonction parentale et parfois dans leur autorité parentale.
L’enfant a besoin de sentir ses deux parents présents dans les décisions prises pour lui. Sinon le parent absent perdra sa part d’autorité et le lien affectif se distendra.
Les conséquences pour l’enfant seront fonction de son âge et du vécu de la situation par le parent résident.

Certains justiciables saisissent le tribunal pour mettre fin le plus vite possible à leur union ou à la vie commune avec un conjoint qu’ils souhaitent voir disparaître de leur vie. Cette situation se présente souvent quand le couple a eu une histoire très courte, mais pas uniquement. La rupture pour cause d’une nouvelle rencontre en est aussi un motif fréquent.
Ils souhaitent faire vite et, bien sûr, s’organiser pour l’enfant (s) mais une bonne fois pour toute et rêvent de ne plus avoir à revoir l’autre parent, qu’il disparaisse de leur vie.
Il est alors judicieux de les amener à s’interroger, à se projeter sur certains évènements tellement importants pour l’enfant comme pour le parent et pour leur relation.
Par exemple, si l’enfant est petit : la kermesse de l’école, son 1er spectacle de théâtre ou de danse, sa première compétition sportive, son premier match seront soumis à l’obligation de choix : qui des deux y assistera ? Ce choix faisant deux victimes, le parent absent mais surtout l’enfant.
La projection dans un avenir à plus long terme permet de marquer, d’insister sur le fait que la parentalité ne s’arrête pas quand l’enfant est devenu grand.
La remise d’un diplôme, le mariage, la visite à la maternité pour la naissance du premier des petits-enfants, la célébration des fêtes et des sacrements religieux pour les pratiquants seront-t-ils aussi soumise à l’obligation d’un choix, lequel des deux parents en sera exclu ?

Ne plus vouloir de relations avec l’autre, c’est souvent condamner l’autorité et la parentalité de celui qui n’aura pas la résidence principale du ou des enfants. C’est décider, pour un enfant petit, d’un rapt ou d’un abandon.
L’enfant a besoin que son parent se batte pour maintenir son autorité et leur lien, pour qu’il sache qu’il est suffisant important et aimé, donc qu’il a de la valeur et mérite ce combat.