Le développement de l’enfant (7 ans – 13 ans) – L’âge de raison

La période de la préadolescence

Sept ans est un âge où une étape importante se passe : c’est traditionnellement l’entrée dans l’âge de raison, jusqu’à 13 ans.

C’est au début ou juste avant cette phase que l’enfant peut s’interroger sur une adoption. Eh oui, il arrive assez fréquemment que les enfants doutent un jour, s’interrogent en secret sur la possibilité d’être un enfant adopté.

Dans cette période, l’enfant va apprendre à construire un raisonnement, à argumenter et petit à petit à se différencier, ou non, par le discours, par les attitudes, les comportements, les centres d’intérêts liés aux loisirs, par le rapport à l’hygiène pour les garçons, par les vêtements, par les modes.

C’est d’abord le temps d’un certain mimétisme, le petit garçon veut ressembler à son père, et la petite fille veut faire comme maman.

 

    

 

Puis la fillette commencera à expérimenter la concurrence avec sa mère en ce qui concerne les éléments tangibles de la féminité.

Cette petite fille qui adorait se déguiser avec les robes et les chaussures de sa mère va, petit à petit revendiquer son propre style, souvent celui porté par les copines de classe ou la meilleure amie. Elle souhaitera ne plus avoir l’intervention de sa mère ni dans le choix ni ensuite dans l’acte d’achat des vêtements.
Ce sont les moments où la mère va être confrontée aux ruses et aux négociations pour le maquillage.

Le père sera dans cette période le spectateur privilégié de ces transformations et ses approbations, désapprobations ou son indifférence seront des atouts ou non pour le vécu de sa féminité naissante par l’enfant.

Si le père est absent de la relation dans le cas d’une famille monoparentale et si aucune figure masculine ne participe à son environnement, la petite fille peut avoir plus de mal à concrétiser sa féminité.

Si c’est un beau-père qui participe à la vie de l’enfant à cette période, c’est en adoptant une attitude bienveillante et référente d’un avis affectueux mais exempt de toute ambiguïté, qu’il pourra aider l’enfant à passer cette étape de sa construction.

C’est aussi pour la fille l’âge de la puberté, avec ses troubles et ses complexes, ses mal-être inhérents à cette transformation.

La jeune fille aura souvent presque fini sa puberté à 13 ans (entre 8 et 13 ans), alors que le garçon viendra de la commencer (entre 11 et 16 ans).

C’est la période pendant laquelle les filles et les garçons n’aiment pas encore se mélanger.

Entre père et fils

C’est dans cette étape de la construction qu’il est très important que le père donne la parole à son fils, et le plus tôt est le mieux vers 7/8 ans.

Nous sommes ici dans une histoire d’hommes et de symbolisme.

Après avoir dû, dans la phase précédente, le renvoyer à sa condition d’enfant dans sa relation avec la mère (la fameuse castration) le père va lui dire que maintenant il va devenir un homme.

Donner la parole à son fils est un acte très symbolique qui permettra au garçon de se construire avec confiance.

Cela consiste à inverser les rôles entre le maître d’apprentissage et l’apprenti.
C’est l’enfant qui montre à son père, qui apprend quelque chose à son père.
L’initiative revient bien sûr au père, pour créer ce moment.
A lui de trouver un jeu, une activité, un sport, un loisir, un art pour lequel il va admirer son fils et apprendre de lui.

Pour être admirable dans sa vie d’homme, il faut avoir été admiré enfant par l’homme qui est le plus important, le modèle, son père.
C’est le moment où le père va dire à son fils qu’il est fier de lui, qu’il croit en ses compétences, en sa créativité. Il lui dit qu’il est capable, qu’il va devenir, lui aussi, un homme.      

Cet acte est générateur de confiance en soi pour la construction de sa personnalité d’homme à un moment où l’enfant va s’ouvrir au monde extérieur, va se confronter à la société et en particulier à celle de ses congénères : les copains puis le monde des adolescents.

Conforté par l’expression de l’amour et de la fierté de son père, le garçon sera plus fort pour entrer dans l’apprentissage de l’étape suivante de sa construction.

Ce(s) moment(s) de complicité sera(ont) longtemps un repère, un réconfort, un encouragement très important pour l’enfant.

La fierté est un atout exceptionnel quand elle est liée au potentiel d’un enfant, à sa personnalité et pas seulement attachée à sa réussite.
Cependant, elle ne doit pas prendre le pas sur l’amour, particulièrement à l’adolescence.
En effet, il est important que l’enfant puisse se tromper, faire des erreurs et venir demander de l’aide.

Si la fierté est seulement égoïste, comme dans le cas d’un apprentissage forcé et subi, la peur du rejet parental en réponse à la déception causée se traduira chez l’enfant par une dévalorisation et une culpabilité inhibitrice.

Entre 6 et 12 ans, les enfants sont particulièrement vulnérables dans les contextes de séparations parentales et toujours en souffrance quand elles sont conflictuelles et synonymes d’abandon par le père, de son rôle parental.