Le développement de l’enfant (0-2 ans)

L’enfant et les étapes de construction de sa personnalité

Bien sûr, un enfant évolue tous les jours et fonction de son propre rythme mais nous oublions trop souvent qu’un cerveau humain n’aura sa taille définitive que vers 15 ans, ne sera totalement connecté qu’à partir de 18/20 ans et organisé seulement vers 25 ans.
Avant, les neurones sont présents dès la naissance mais toutes les connections ne sont pas faites et les voies de circulation des informations ne sont pas encore toutes opérationnelles.
Le cerveau de bébé connecte 2 millions de synapses par minute dans les premiers mois de sa vie. On comprend qu’il ait tant besoin de dormir.
Les hémisphères du cerveau se différencient entre 2 et 3 ans : l’un gèrera l’émotionnel et l’autre le rationnel. La coordination corporelle, la précision est possible à partir de 6 ans.
Mais il lui faudra encore beaucoup de temps, étape après étape, avant de maîtriser la mémoire, l’analyse et le recul qui en fera un égal, un adulte.
De sa naissance jusqu’à sa majorité, l’enfant traverse 3 grandes étapes dans sa construction. Elles se succèdent par tranche d’environ 6/7 ans.
Plus tard aussi, l’adulte sera confronté à des périodes d’évolutions. Beaucoup de séparation interviennent dans la 7ème année du couple ou lors d’un changement de cycle de vie, à l’approche de la quarantaine ou à la mi-cinquantaine, lors des étapes de transformation de la personnalité.

Le développement de l’enfant avant 7 ans

C’est l’étape où tous les fondements de l’autonomie physique et de la personnalité de l’enfant se construisent.

Le développement de Bébé (0-2 ans)

Au début de sa vie, un bébé ne ressent que des émotions, de bien-être ou le mal-être. Son cerveau n’est que sensoriel, même extra-sensoriel. Dans les premiers jours, ce qu’il perçoit est brut, fort même aveuglant et assourdissant pour les lumières et les bruits.
Bébé exprime ses sensations, son mal par des pleurs que ce soit pour une douleur, pour un mal-être lié à un besoin ou juste à un inconfort.
Il n’a alors d’autre conscience que de lui-même. Il est le centre de son monde et il se vit comme acteur unique de la relation avec le parent.

Un bébé, un petit n’a pas d’autres repères, d’autre périmètre, d’autres réfléchissants à ses propres émotions que les retours qu’il reçoit de son cercle intime, par l’émotion de l’autre, son ton, ses gestes.
Il reçoit en réponse à ses pleurs l’émotion, le vécu de sa mère, de son père, de la fratrie puis petit enfant, il découvrira d’autres réponses venues du cercle suivant, la famille, l’éducatrice à la crèche, la maîtresse à l’école primaire, etc.
Le cordon ombilical coupé, un autre cordon persiste pendant quelques années, un cordon symbolique, psychique plus ou moins fort qui relie l’enfant à sa mère. Pour la mère, elle le nommera l’instinct.
L’enfant lui aussi perçoit si elle est heureuse et épanouie ou si elle est préoccupée et en souffrance. Il sait instinctivement. Il n’est branché que sur l’émotionnel, pas sur ce qu’on laisse paraitre ou ce que l’on s’autorise à penser après avoir inconsciemment refoulé un sentiment négatif.
Il sait ce que sa maman ressent quand son papa la cajole, ou quand il crie et qu’il est en colère.

Dans les premiers moments de sa vie, bébé perçoit son papa selon la perception, le vécu émotionnel que sa maman a de lui. Petit à petit et fonction de l’implication paternelle, un lien individualisé se tisse.

Quand le parent est inquiet et même s’il le cache consciemment ou inconsciemment, l’enfant ressent cette inquiétude et comme elle ne lui est pas dite, pas expliquée, elle devient angoissante.
Si le parent est en souffrance, l’enfant est persuadé qu’il en est la cause, qu’il est le responsable, puisqu’il se vit comme le centre de la relation avec le parent. Il ressent donc de l’insécurité.

La sécurité est la condition qui permettra à l’enfant d’évoluer librement et de faire face aux étapes de son développement : la préhension, la marche, la parole mais aussi ensuite et surtout pendant les étapes de socialisation.
Un sentiment d’insécurité peut rester sous-jacent toute une vie d’adulte et induire des besoins et des choix aveuglés par la nécessité de calmer cette inquiétude profonde.
Ce besoin de rassurance n’est pas d’ordre domestique, même si un petit a besoin d’horaires réguliers pour ses repas, pour ses temps de sommeil afin que son organisme fonctionne au mieux dans cette période de croissance importante où il a fort à faire.

Ce besoin est émotionnel. Pour essayer de mieux comprendre, il suffit de nous questionner, nous adultes, sur ce qui induit pour nous ce sentiment si désagréable, si déstabilisant qu’est l’insécurité.
Généralement, nous la ressentons face à l’inconnu, confrontés à un évènement, une personne, une situation nouvelle que nous ne maîtrisons pas.
Et pourtant, nous avons nous adultes des outils pour apporter une réflexion en apaisement à cette angoisse, nous allons essayer de trouver des informations rassurantes ou de l’aide.
Le petit n’a pas cette possibilité. Il est dans la phase de la totale dépendance. Il est donc nécessaire de lui donner les informations qui vont le rassurer.

Il suffit souvent de parler à bébé, de lui expliquer l’évènement, de lui décrire, de lui raconter comment il va vivre tout cela, pour atténuer ou même désamorcer la source d’insécurité. Si l’histoire est racontée avec calme, sérénité et sans angoisse même si c’est la première fois qu’il va à la crèche, l’évènement sera beaucoup moins inquiétant ou dramatique.

Bébé n’a pas conscience du temps, ni du passé ni de l’avenir. Il est dans le présent et le vécu de la séparation n’est qu’absence et insécurité. La peur de l’abandon viendra plus tard, mais très vite.
Cette compréhension sera primordiale dans le cas où la séparation du couple parental intervient alors que l’enfant est encore tout petit.
C’est une période où seule la subjectivité existe chez l’enfant. Il n’est qu’un égo.

Bébé doit attendre 6 mois pour acquérir une vision nette (elle est floue et double avant) et découvrir le vrai visage de ses parents.
Sa découverte est axée sur les objets, sur ce qui gravite à la portée de son bras, jusqu’à 1 an, puis un peu plus loin à partir de la marche, mais seulement dans son environnement intime.
Pour prendre conscience des autres et du monde qui l’entoure, il lui faudra encore quelques connexions neuronales supplémentaires qui vont demander encore quelques mois, jusqu’à environ 2 ans.