Divorce / Séparation : l’enfant et la séparation

 

Le concept du divorce ou de la séparation est attaché au couple parental, et pourtant le principal concerné est l’enfant qui la subit sans pouvoir la comprendre.

Répondre aux besoins de son enfant, préserver son équilibre et respecter ses repères est une mission en elle-même déjà complexe pour des parents qui assument ensemble leur parentalité.
Mais c’est encore bien plus difficile quand tout semble échapper au parent qui est quitté, dans ce moment où les émotions et les repères de chacun et de la famille sont en pleine révolution, malmenés par la rupture, par la justice et par une procédure subie.

La rupture du couple parental fait partie des évènements qui peuvent être à l’origine de troubles plus ou moins importants chez l’enfant, surtout petit et c’est aujourd’hui plus que jamais un aléa tout à fait probable.
En 15 ans, le nombre de séparations a bondi de plus de 60%, et un enfant sur 4 ne vit pas avec ses deux parents. (INSEE dernier rapport sur les couples et la famille-2016)
La séparation intervient également plus tôt, plus vite, alors que les enfants sont encore très jeunes.

L’enfant développe un lien, un rapport unique avec chacun de ses parents mais la relation du couple parental représente une sphère sécurisante ou non, dans laquelle il a très égoïstement besoin de se construire, surtout jusqu’à 7 ans.
D’autres évènements dans la vie d’un enfant sont aussi synonymes de perturbations comme un déménagement ou l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur.
Il n’est ni possible, ni souhaitable d’éviter tout changement dans la vie d’un enfant, car cela revient à le protéger de la vie. La vie n’est que mouvement, changement et adaptation.
Un changement et même un bouleversement peut ne pas être traumatisant.
Un évènement peut être difficile à vivre pour un enfant et pas du tout pour un autre, même dans une même fratrie.
Ce n’est pas l’évènement qui crée le traumatisme, c’est l’état émotionnel de l’enfant confronté à l’évènement.

Et cet état est lié ou engendré pour beaucoup par l’état émotionnel du ou de ses parents mais aussi par la reconnaissance et l’accompagnement ou non de son propre désarroi.
C’est cette souffrance qui risque de rester inscrite dans sa mémoire émotionnelle et de ressurgir à chaque confrontation à un évènement identique ou similaire dans le registre du vécu.
Quand la douleur est trop forte, l’inconscient peut l’ensevelir jusqu’à l’oubli et développer un mécanisme de protection pour surtout ne plus avoir à la ressentir.
La personnalité peut alors se forger une carapace de défense par l’attaque, par la soumission ou par l’indifférence, mais ne pourra plus se développer et s’équilibrer librement.
Anticiper ou décrypter rapidement les causes d’un traumatisme pour un enfant permet d’atténuer sa souffrance en la partageant, de l’humaniser en la nommant et de désamorcer le processus qui conduira ce traumatisme à le rester et à devenir une angoisse sous-jacente ou inscrite à vie dans la personnalité de cet enfant.
C’est ainsi que nous sommes, une fois devenus adultes et selon le traumatisme, plus ou moins imprégnés de l’angoisse de la culpabilité, de celle de l’abandon et du manque de confiance en soi qui résume la peur de l’échec et la provoque. Ces émotions qui, quand elles deviennent trop envahissantes, étouffent notre vitalité, notre personnalité.