Divorce / Séparation : la séparation du couple parental (2/2)

Pour les parents, c’est d’abord la séparation du couple qui doit se vivre.
Une séparation, c’est la fin de l’histoire commune de deux personnes qui vont redevenir chacun un individu mais qui, entre temps avec l’autre, sont devenues parents et le resteront jusqu’à la fin de leur vie.

Nous avons dans cette phrase toutes les difficultés et les enjeux pour la famille, pour la parentalité.

La fin de l’histoire : synonyme dans bien des cas d’abandon, de trahison pour au moins l’un des deux. C’est le deuil de l’histoire, du mariage, du couple qu’il faut faire. C’est un échec.

L’Histoire commune : peut-être pas tant que cela. C’est le temps des bilans du vécu de l’histoire par chacun et ils ne sont, bien sûr, pas identiques. Si le couple se sépare, c’est que le commun a posé problème ou a été insuffisant. Conséquence d’un manque de communication, par lâcheté, par manque de résilience, ou simplement d’une erreur, pour une illusion sur la nature du sentiment éprouvé ou du besoin à combler.
Je mets bilans au pluriel. Les choix de vie, antérieurs à la séparation, ont eu des conséquences sur le plan affectif et psychologique, mais aussi professionnel et financier.
Combien de parents, et pas seulement les mères, ont dû pour les enfants ou pour leur conjoint faire le choix d’un équilibre familial au détriment d’une progression professionnelle ou sociale. Si ils sont quittés ensuite, cela peut amener à vivre un regret et de la rancœur.

Redevenir Un : c’est retrouver son individualité et ce n’est pas toujours facile car chacun s’est bien souvent un peu perdu, un peu dilué dans le couple. C’est aussi se confronter à se retrouver seul(e) face à un avenir inconnu.
Et l’inconnu est générateur d’angoisses, surtout dans une période où la confiance en soi se trouve souvent en rupture de stock.

Mais avec l’autre sont devenus parents et le resteront jusqu’à la fin de leur vie. C’est une réalité qu’il est nécessaire d’intégrer dès la séparation.
Si un couple peut mettre fin à une union, par une signature, par une procédure, il ne pourra jamais mettre fin à sa parentalité avec l’autre, que cette parentalité soit effective ou abandonnée. C’est un lien à vie, quoiqu’il se passe.
De la même manière, penser que la parentalité s’arrêtera une fois que l’enfant aura 18 ans, est une illusion.
Ce sont juste les 50 ou 60 premières années les plus difficiles. Car ne sommes-nous pas toujours aussi inquiets pour son enfant de 40 ans, qui est touché par un divorce ou un licenciement ?
Et ne va-t-il pas alors avoir encore besoin de ses parents et des grands-parents de ses enfants ?
C’est l’autorité parentale qui disparaît avec la majorité. Le parent n’est plus responsable de l’enfant, mais il reste parent et avec des devoirs. C’est ainsi que des parents peuvent être contraints de verser une contribution à un enfant majeur.
Quand on devient parent, c’est jusqu’à la fin de sa vie. Une séparation ne met pas fin à la parentalité.